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Kompromat - Niemand

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Confinement J18

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A toutes les femmes

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Aujourd’hui le monde est mort 6

LE PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION POUR L’EUTHANASIE

Aujourd'hui le monde est mort. Ou peut-être hier, je ne sais pas. Une fois le capitalisme insatiable parvenu à son paroxysme, le monde s’est divisé entre une infinie minorité de gagnants et une grande majorité de perdants. Les perdants ont été obligés de choisir entre une vie de classe moyenne, avec un travail pénible ; ou le suicide. L’Etat a assuré la distribution d’une drogue hallucinogène létale permettant aux personnes âgées et aux candidats au suicide de mourir en état d’extase et avec un minimum de dignité. Dans la classe des perdants, les personnes âgées devenues inaptes à la production ont été encouragées à de suicider sans délai, et la Diète a adopté un projet de loi garantissant à leurs héritiers le versement d’une pension de réversion majorée et non imposable. Choisir une mort précoce afin de confier l’avenir à ses enfants est devenu une (fane) d’éthique solidement ancrée dans la société, peut être en grande partie à cause du filtre de propagande de l’association pour l’euthanasie, intitulé Rien de plus agréable que la mort. La population a considérablement diminué, et les activités économiques se sont également étiolées d’année en année, si bien que l’on est revenu en quelques décennies à une société de communisme punitif sans gagnant ni perdant. La recherche de l’extase procurée par la mort s’étant emparée de tous les esprits, il n’est bientôt plus resté personne sur Terre.

Hiroshi SUGIMOTO « Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] » 2014

Fin du confinement pour les enfants

Fin du confinement pour les enfants

Garder la forme pendant le confinement

Garder la forme pendant le confinement

Tentative d'ouverture du frigidaire

Tentative d'ouverture du frigidaire

S'occuper pendant le confinement 3

S'occuper pendant le confinement 3

Force... Et courage! ;)

Force... Et courage! ;)

Bill Withers est mort...

Bill Withers est mort...

Le virus parle aux humains

Le virus parle aux humains

Poisson d'avril!

Poisson d'avril!

"Les barbares. Essai sur la mutation" d'Alessandro Baricco

Vu que c'est le confinement un peu partout sur la planète et qu'il faut qu'on s'occupe parce qu'on n'a plus trop l'habitude de s'emmerder, je te propose la lecture d'un livre qui a fait l'effet d'une mise en abîme existentielle. Je m'explique. Tu vas piger quand je te dis "[...] on n'a plus trop l'habitude de s'emmerder [...]".

Alessandro Baricco :

Baricco, pour te situer, c'est le monsieur qui a écrit "Novencento" ou "Soie", roman tous deux adaptés au cinéma. Je n'ai pas vu "Soie" mais par contre j'ai vu l'adaptation de "Novencento" avec Tim Roth et Mélanie Laurent, sous le titre françisé de "La légende du pianiste sur l'océan" ( film qu'on doit tous avoir plus ou moins vu ). Excellent film du reste ( au cas où tu n'aurais plus ou moins pas vu le film ). Dans "Les barbares" édité en 2006, on n'est pas trop dans le roman mais dans l'essai. Je ne sais pas si tu as remarqué mais, personnellement, ce que je trouve sympa chez les romanciers qui s'essaient aux essais ( ... 'Tain ! T'as vu l’allitération de malade, là ?! ), c'est qu'ils les écrivent comme des romans : ce n'est pas lourd à lire et c'est assez bien écrit pour ne pas perdre en profondeur et en intérêt. Et ma foi, "Les barbares" fait définitivement partie de cette catégorie.

Les barbares et la mutation :

Pendant quelques années, Baricco fut journaliste pour le "Corriere della sera", quotidien italien dans lequel il publiait des billets d'humeur sur des sujets de société aussi divers que variés, et essentiellement orientés dans le domaine culturel, dans le sens large du terme : littérature italienne, cinéma, musique, gastronomie, etc. "Les barbares. Essai sur la mutation" constitue une réflexion formulée à partir de ces écrits journalistiques. Mais que peut bien entendre Baricco par le terme "Barbare" et "Mutation" ? Commençons pas souligner qu'il ne les condamne pas, ces barbares. D'une manière ou d'une autre, nous le sommes tous et nous subissons tous une mutation. Baricco commence donc par faire une sorte de cartographie des sphères culturelles en les comparant à des "villages". Petits, peu habités, avec des us et coutumes bien encrés, définis et assez hermétiques à autrui parce que difficile d'accès et nécessitant une bonne connaissance de leur topologie. Depuis plusieurs décennies, voire quelques siècles selon les "villages culturels" abordés, les barbares envahissent ces "villages". Notons qu'ils ne détruisent pas tout. Ils récupèrent souvent quelques éléments de ce village pour le faire muter vers autre chose. Ils n'en gardent pas l'essence, ils les modifient pour les adapter à leurs attentes. Comme par exemple, des bâtisseurs chrétiens qui, sur un lieu de culte païen, récupéraient les pierres pour construire une église sur les fondations de l'édifice païen. Bien entendu, ils sont plus nombreux que les "villageois" et finissent par investir et conquérir ce "village". Pour illustrer sa proposition, Baricco prend pour exemples trois "villages" qu'il estime allègrement pillés : celui du vin, du football et de la littérature ...

... Là, tu comprendras bien que je ne vais pas développer plus, le but de ce thread étant de te donner envie de lire ce livre. Mais disons substantiellement que Baricco déconstruit et met en exergue la dégénérescence de ces sphères à partir de références historiques : le village "vin" avec l'apparition du vin californien sous l'initiative du marchand de vin Robert Mondavi et la vulgarisation du lexique œnologique par Robert Parker et son "Guide Parker"; le village "football" avec l'apparition progressive du "football total" hollandais dans l'organisation de jeu footballistique ; le village "littérature" avec l'apparition du roman ... soit autant de phénomènes qui ont contribué à vulgariser, et par conséquent à altérer, ces sphères. Il y a également une réflexion pas piquée des hannetons sur l'influence de Google sur les notions de "connaissance" et de "savoir", et de la relation que le barbare entretient avec la notion de "temps" et de nécessité de multiplier les "expériences". Ce qui expliquerait éventuellement qu'on ne supporte pas trop le confinement [ ... Quand je te disais qu'on était aussi des barbares ... ].

Surtout, ne t'attends pas à une explication du type : "C'est le pognon qui pourrit tout ! La loi de l'offre et de la demande, toussa. Plus il y a d'offre pour répondre à la demande, plus ça dénature les choses." ... Non. C'est un peu plus complexe que ça. Et selon moi, Baricco en explique brillamment les fondements.

J'espère ne pas avoir trop lâché d'infos sur ce bouquin, tout en étant assez complet pour te donner envie de le lire sous ton plaid infecté au Covid-19 de lombrik fragile.

Bref ! Garde-toi bien, je t'embrasse tendrement sur le cul avec un masque FFP-12, ami(e) lombrik.

   

Leurs stats du COVID-19 le montraient déjà, mais ...

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