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Promener son chien pendant le confinement avec un peu de zèle .

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Image d’un poumon touché par le covid19

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Tomteub et la hache maudite. 5

Tomteub avait marché quelques kilomètres en descente dans la forêt, avant de déboucher dans un paysage de bocage. Le sentier forestier s'était transformé en chemin bordant la forêt, les prés s'étendant sur sa droite, en pente douce. Le fond de la vallée devait être à plus de trois kilomètres plus loin sur sa droite et devant lui, et il voyait sur le versant face à lui des fermes disséminées. Il s'était assis pour faire une pause, épuisé. Il avait soif, il avait faim, il fallait vraiment qu'il fasse une vraie nuit. Il commençait à être vraiment au bout du bout.

Il s'était donc retrouvé en fuite, à 6h du matin, haletant et tremblant encore de sa frayeur, dans la cour d'un immeuble. Enfin 6h ... A vue de nez. Comme il mettait la main dans son pantalon enfilé à la va-vite moins de 30 minutes avant pour regarder l'heure, il s'était aperçu qu'il n'avait pas son téléphone. Il se revît le poser sur sa table de chevet, la veille, et régler l'alarme à 7h, en se disant que comme ça il aurait bien trois heures pour rouler un peu au frais, et serait sorti de la banlieue avant de faire la pause déjeuner.

Il se rendit immédiatement compte que ça foutait la merde dans ses plans. Si les flics avaient son téléphone, ils avaient tous ses contacts.

Il s'était demandé à quel point les flics voulaient le chopper. Si c'était une interpellation qui avait été lancée suite à une identification dans une des manifs auxquelles il avait participé, ce qui était probable, car il y était arrivé à chaque fois à visage découvert. Dans ce cas, il n'avait pas trop à s'inquiéter. Si c'était juste une interpellation suite à une correspondance entre les logiciels de reconnaissance faciale et les fichiers de la police, il n'était qu'un dossier de la répression parmi des milliers.

Ou si c'était une interpellation suite à une enquête plus poussée sur le réseau francilien. Même s'il n'était clairement pas un des éléments important de ce réseau, son ancienneté dans le milieu parisien faisait qu'il connaissait un bon nombre de gens, et ses apparitions récurrentes dans les manifs, réunions de coordination des mouvements sociaux et autres concerts de soutien pouvaient le faire passer pour ce qu'il n'était pas, un cadre organisationnel du mouvement révolutionnaire parisien. Là, ça sentait vraiment moins bon.

Si c'était un coup du préfet qui voulait taper vite et fort indistinctement, il pouvait aller se réfugier chez ses potes dans l'Eure. Si c'était une opération coordonnée des renseignements intérieurs, tout le milieu français serait sous surveillance. Et ses potes trempaient allègrement dedans.

Il allait fouiller dans son sac pour en sortir ses clopes, mais il se revît la veille en fumer une avant d'aller se coucher. Elles étaient sur le plan de travail, à côté de la fenêtre de la cuisine.

Son bidon était sur la table, attendant d'être rempli pour être posé sur le porte-bidon du vélo. Il attendrait longtemps. Ses clefs devaient l'attendre dans la soucoupe sur l'étagère de l'entrée.

Au moins, il sentait sa carte bleue et sa carte d'identité dans sa poche gauche. L'endroit qu'elles ne quittaient jamais, ne voyageant que d'un pantalon à l'autre, en même temps que sa ceinture. Et ce matin, il avait enfilé sans réfléchir le pantalon avec la ceinture.

Bon. Il lui fallait des clopes pour réfléchir sereinement à ce qu'il allait faire. Et de la bouffe, il avait faim, et de l'eau. Et un café putain.

Il allait remonter sur son vélo quand il s'était arrêté. S'il était recherché, son signalement devait avoir été donné. Et des guignols à vélo, équipés pour la rando, il devait pas y en avoir 36 à cette heure-ci dans le coin.

Après un tri rapide, il s'était allégé. Les fringues d'hiver, la tente, le matelas gonflable ... Nan, pas le matelas gonflable, il tenait dans la main, et si les nuits étaient fraîches ça garantissait de pouvoir dormir ... Il n'avait gardé qu'un pull, deux changes de sous-vêtements, son matériel de réparation, sa gamelle, son duvet. Et la hache. Il s'était dit que ça pourrait servir, pour couper du bois, se fabriquer une cabane, ...

Il avait enlevé les sacoches vides de son porte-bagage, les avait posées à côté du tas de vêtements, et avait regardé ce tas, un bout de sa vie qu'il abandonnait, là, comme ça. Il s'était senti nu, perdu. Fragile.

Mais il ne voulait pas aller en taule. Les garde-à-vues lui avaient donné un aperçu de ce qu'était la privation de liberté. Plutôt crever. Enfin, peut-être pas, mais tant qu'il le pourrait, il ferait tout pour l'éviter.

Il était remonté sur son vélo. Trouver un distributeur, tirer le maximum d'argent possible, et s'éloigner vite, très vite, du lieu où il utiliserait sa carte pour la dernière fois.



Tomteub s'était secoué les puces. Assez rêvassé. Le jour commençait à décroître. Alors qu'il regardait le paysage pour décider de ce qu'il allait faire, il avait vu un filet de fumée dépasser de la haie au bout du champ.



Option 1 : Tomteub se dit qu'il vaut mieux éviter les endroits habités. En longeant la forêt, il devrait trouver un poste d'affut, qui lui permettrait de dormir au sec, isolé du froid humide du sol. Ou une souche d'arbre, un rocher creux, n'importe quoi qui garderait un peu la chaleur une fois recouvert de branchages. Pour la bouffe on verrait demain.

Option 2 : Tomteub tente le coup. Il se dirige vers la fumée, espérant tomber sur une ferme où les habitants accepteront de le nourrir, et de le laisser dormir dans la grange, au moins.


Aujourd’hui le monde est mort 4

LE FÉTICHISTE

Aujourd'hui le monde est mort. Ou peut-être hier, je ne sais pas. A l'ère néolithique les hommes vénéraient des objets qu'ils trouvaient dans la nature et qui leur semblaient dotés de forces surnaturelles. Ensuite l'humanité s'est mise à façonner elle-même ses objets de culte. Le bâton de pierre présenté ici, un fétiche utilisé par les cultes phalliques, était considéré comme ayant le pouvoir de donner des enfants aux couples stériles. Plus tard encore, la civilisation a atteint un haut degré de sophistication, mais l'attrait humain pour les objets de culte ne s'est pas modifié. Dans les sociétés modernes, les produits des marques de luxe sont devenus les nouveaux standards des cultes fétichistes. On a établi différentes échelles de valeur entre les personnes, en fonction de leurs choix vestimentaires ou de leur voiture. Cela a naturellement entraîné le développement de nombreuses contrefaçons. Les techniques de duplication ont évolué de telle manière que les imitations ont fini par surpasser les originaux, si bien que le fétichisme a perdu son pouvoir magique et les humains, l'objet de leur foi. Le marché des produits de marque s'est effondré et l'économie mondiale a connu une récession qui a plongé la planète entière dans les affres d'une crise économique généralisée. Le dieu antique qui interdisait le culte des idoles était dans le vrai : un monde qui ne croit plus en rien est un monde mort.

Hiroshi SUGIMOTO «?Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]?» 2014

Barbie & Ken, le confinement tourne au drame

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Quand on a de la drogue chez soi faut pas en faire tomber par terre.

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Chat des rues qui attend les clients devant un magasin et les dirige vers son rayon préféré.

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