Sur le plan strictement comptable et théorique, la planète dispose dans l'absolu de ressources suffisantes pour nourrir, loger et alimenter en énergie l'ensemble de la population mondiale tout au long de l'année, mais cette abondance brute est systématiquement neutralisée par des défaillances dans les systèmes de distribution, d'accès et d'équité.
Concernant la nourriture, la production agricole mondiale de céréales dépasse les trois milliards de tonnes annuelles, soit de quoi fournir largement plus de deux mille sept cents calories par jour et par personne à huit milliards d'habitants ; pourtant une personne sur onze souffre de sous-alimentation chronique, non pas à cause d'un manque de volume global dans les silos, mais parce que cette nourriture est inégalement répartie, en partie gaspillée et souvent inaccessible financièrement pour les populations les plus vulnérables.
Pour le logement, la capacité de construction et la disponibilité des matériaux de base comme le ciment, l'acier ou le bois sont amplement suffisantes pour ériger les dizaines de millions d'unités nécessaires chaque année ; la filière bâtiment génère des milliers de milliards de dollars d'activité et peut techniquement répondre à la demande, mais le foncier, la spéculation immobilière et l'absence de financements adaptés empêchent des centaines de millions de personnes d'accéder à un habitat décent, créant un déficit de logements abordables alors que des millions de mètres carrés restent vacants dans les grandes métropoles.
Concernant l'énergie enfin, la réponse est identique : dans l'absolu, le soleil, le vent et les réserves souterraines fournissent un flux d'énergie primaire plusieurs milliers de fois supérieur aux besoins humains, et les technologies actuelles permettraient d'alimenter chaque foyer de la planète en électricité ; le blocage ne vient pas d'une pénurie physique de watts, mais de l'incapacité des réseaux électriques à acheminer cette production vers les utilisateurs et du manque d'investissements massifs, chiffrés en milliers de milliards de dollars, nécessaires pour rénover et étendre les infrastructures de transport et de stockage.
Dans les trois cas, l'abondance théorique est une réalité physique incontestable, mais elle reste une abstraction tant que les mécanismes de solidarité, de régulation des marchés et de planification des infrastructures ne permettent pas de transformer ce potentiel brut en un service effectif, stable et accessible à chaque être humain sans exception.
Cette abondance théorique, vérifiée par les chiffres de production de nourriture, de logements et d'énergie, met en lumière une contradiction fondamentale et profondément illogique : la persistance de la pauvreté et de la privation au cœur même des pays les plus riches. Si l'on peut encore, avec un cynisme teinté de réalisme géopolitique, expliquer les famines ou les pénuries énergétiques dans certaines régions du monde par l'instabilité politique ou le manque flagrant d'infrastructures, il est en revanche rationnellement indéfendable et moralement incompréhensible que dans des nations où les entrepôts débordent de denrées alimentaires, où des millions de mètres carrés de bureaux et de logements sont vacants et où le réseau électrique est l'un des plus fiables au monde, des millions de concitoyens dorment dans la rue ou doivent choisir entre payer leur loyer et remplir leur réfrigérateur.
Dans un pays dit développé, la coexistence d'une surabondance matérielle et de la grande précarité est une anomalie systémique. Elle démontre que la rareté n'est plus physique mais purement artificielle et politique. C'est le résultat d'un système d'allocation des ressources défaillant, où la valeur d'échange et la spéculation l'emportent sur la valeur d'usage et les besoins humains fondamentaux.
Il est donc parfaitement illogique, et même scandaleux sur le plan éthique, qu'une société ayant les moyens techniques et financiers de produire des surplus colossaux soit incapable d'assurer à chacun de ses membres le droit inconditionnel à un toit, à une alimentation suffisante et à la chaleur. Cette incapacité n'est pas une fatalité dictée par la pénurie ; elle est le résultat direct de choix de répartition qui, en privilégiant l'accumulation infinie de richesses pour une minorité, créent artificiellement de la misère au milieu de l'opulence.
Envoyé par Flaneur le 12 avril 2026 à 12h34
Orguy Vermisseau
Flaneur En réponse à Orguy Ver TikToké
Black En réponse à Flaneur Lombric
En 2017 les chinois ont décrété un moratoire sur les coupes de bois de 99 ans !
- le ciment dégage énormément de CO2. (Produire c'est bien beau mais si c'est pour empoisonner en même temps...)
- le sable adapté au béton (pas celui de la plage ni du désert est en voie disparition !
- la quasi totalité des pays producteurs de pétrole on atteint leur pic de production (= ils en ont encore, oui, mais en constante diminution de volume (et production)). A priori on n'a pas trouvé la fusion. Donc l'énergie abondante c'est très vite dis...
- pour la nourriture par contre, on est effectivement sur du 30% de gaspillage de production...
(Sans parler de l’hyperconsommation... cf les soda de 1L au repas, les méga burger à 4000 kcal, ect...)
(On peut retrancher certains périssables qui ne peuvent de toute façons pas supporter un voyage supplémentaire).
- la surpeche est en train de flinguer l'existence des poissons à une vitesse folle.
Le problème est plus "l’ideal" que les multinationales américaines nous ont facie en tête....
Globalement, dire que tout le monde peut consommer comme des américains est totalmente irréaliste.
L’immense majorité des gens seraient d'accord, j'en suis sûr (mis à part certains gens de pouvoir mais bref).
Mais techniquement je ne vois pas comment.
Il faut te méfier de chatgpt, il a pour but de t'accompagner dans tes demandes mais pas assez de contredire !
(Et bien souvent les choses ne sont pas simples)
gloupi Lombric Shaolin
Laissez les jeux-vidéo tranquille, ils vous ont rien fait.
Flaneur En réponse à gloupi Ver TikToké
doomy En réponse à Flaneur Lombric Shaolin
Flaneur En réponse à doomy Ver TikToké
doomy En réponse à Flaneur Lombric Shaolin
gloupi En réponse à Flaneur Lombric Shaolin
Faut quand même pas sortir d'une école prestigieuse pour comprendre que la valeur monétaire est intrinsèquement lié aux ressources qui existent. Dans un monde virtuelle, les ressources peuvent être illimité puisqu'elles sont virtuelles.
Oui le monde produit assez de bouffe pour le monde entier, alors pourquoi les famines ? Parce que si on envoyait toutes la bouffe dans les zones ou les gens meurent de faim, on produirait beaucoup moins de bouffe parce que les coûts de transport ferait exploser le coûts de la bouffe et ces gens mangeraient une quantité non négligeable de bouffe avarié.
Pas le temps ni l'envie d'expliquer que le reste des arguments sont complètement con
coalgan Vermisseau
la realité c'est que le fiat a aucune valeur, seul les ressources ont de la valeur, on fait des guerre pour chourer des teritoires au autre et s'accaparer des ressources
Cyclomore Vermisseau
Avant, pour montrer que dans l'ensemble, le futur avait l'air d'être tenable (et pour me décider à procréer), je faisait remarquer que 12 milliard (projection de l'époque comme pic de population vers 2050 avant la dégringolade). 12 Milliards, donc, c'est à peu près la densité de Parie sur la surface de la
France métropolitaine, et rien ailleurs. Quand on regarde une mappemonde avec cette idée en tête, ça n'a pas l'air complètement impossible.
D'autant que comme me font remarquer mes enfants, le pic envisagé dans les cours d'histoire géographie d'aujourd'hui, c'est plutôt 10 milliards. Du coup, je regrette pas, et je valide le discours.
BarneyGumbles Lombric Shaolin
GruikMan Vermisseau
KukuLele Vermisseau
Effectivement, ontologiquement, l'argent n'est rien, c'est ce que l'Homme en fait qui importe, et il a décidé que ce serait l'argent qui régirait les relations (économiques ou sociales, peu importe, rien ne change) ; mais c'est comme pour tout : la religion, la politique etc. Par moment on oublie que tout ça ne sont que des "moyens", et pas des finalités, et que la faute revient toujours à... l'Homme.
Si tout le monde a accepté de "jouer le jeu", même ceux dont on pense qu'ils devraient se passer d'argent parce qu'ils ont fait le choix d'un autre "moyen" (la religion, coucou l'Iran), c'est bien parce qu'il y a une raison. C'est jamais bon de donner un coup de pied dans une fourmilière, particulièrement quand celle-ci est hautement meurtrière. Mais que dis-je, ce serait une véritable boite de Pandore qui serait ouverte.
coraumonts Vermisseau
Avant la généralisation de l'argent et de la vision capitaliste, il n'existait qu'une chose : les ressources. La grande misère touchait : soit les producteurs de ressources essentielles ou intéressantes asservis par le pouvoir militaire (les féodaux et nobles), soit ceux sans ressource intéressante donc sans moyen d'échange. Aujourd'hui, c'est pareil. Et pas limité au monde capitaliste : en Chine, une partie des campagnes vit avec moins de 3€ par jour; Et dans les dictatures non capitalistes, on voir systématiquement une nomenklatura captant les richesse et de grandes inégalités... voire parfois une grande égalité dans la misère.
La question n'est pas celle de l'argent ou du capitalisme ou du communisme ou autre... C'est celle du pouvoir et de son maintien. Du pouvoir d'un groupe dirigeant sur un pays, ou de pays puissants sur d'autres pays. Il y a beaucoup de critiques possibles sur le monde occidental.
Le problème du pouvoir, c'est la mentalité de ceux qui l'exercent. Le mentalité qu'il faut pour l'obtenir, et la façon dont le pouvoir modifie cette mentalité. Ca durera tant que l'Homme sera Homme, et tant que les sociétés s'organiseront autour du pouvoir. En ça, les anarchistes ont parfaitement raison. Le problème, c'est que personne n'a réussi à faire fonctionner une telle démographie sans pouvoirs. Et là, je rejoins les marxistes : il ne reste que l'équilibrage par la lutte. Le problème, c'est qu'elle crée de nouveaux centres de pouvoir, contre lesquels il faut lutter à son tour. C'est bien le truc que j'aime chez les communistes, anarchistes et autres idéalistes : l'entretien de l'esprit de lutte, première source de liberté contre l'asservissement accepté.
timotheo Vermisseau
NeoCon Vermisseau