Le Danemark propose une loi sur le droit d'auteur accordant aux citoyens la propriété de leur visage, de leur voix et de leur corps afin de lutter contre les deepfakes générés par l'IA.
Au Danemark, un projet de loi vise à reconnaître juridiquement que chaque personne est propriétaire de son visage, de sa voix et de son corps sous forme numérique, afin de lutter contre les deepfakes générés par l’intelligence artificielle. L’idée est d’assimiler ces éléments à une forme de propriété protégée, un peu comme une œuvre, ce qui permettrait à tout citoyen d’exiger le retrait rapide d’un contenu utilisant son apparence ou sa voix sans autorisation, et de réclamer des dommages et intérêts. Concrètement, si une entreprise utilisait ton visage pour une publicité générée par IA ou clonait ta voix pour promouvoir un produit sans ton accord, tu pourrais engager une action en justice pour faire supprimer le contenu et obtenir une compensation financière. Si un proche fabriquait ou diffusait une vidéo truquée te mettant en scène dans une situation fausse ou compromettante, tu disposerais également d’un fondement juridique clair pour exiger le retrait et éventuellement des sanctions. Des exceptions seraient prévues pour protéger la satire, la parodie ou le travail journalistique, afin de préserver la liberté d’expression.
En France, il existe déjà un droit à l’image et une protection de la vie privée qui permettent d’agir contre certaines utilisations abusives, mais ces outils ne sont pas toujours parfaitement adaptés aux deepfakes très réalistes créés par IA, notamment quand le contenu est entièrement synthétique. Une loi similaire à celle envisagée au Danemark pourrait renforcer la protection en clarifiant explicitement que l’identité numérique d’une personne lui appartient et ne peut être exploitée sans consentement. Cela serait probablement utile face à la multiplication des contenus truqués, à condition de bien encadrer les exceptions pour ne pas restreindre excessivement la liberté artistique, humoristique ou politique.
Envoyé par Flaneur Aujourd'hui à 17h49
Bidon85 Vermisseau
Flaneur En réponse à Bidon85 Ver TikToké
UNiTY En réponse à Bidon85 Vermisseau
En France, il existe déjà des outils juridiques, mais ils ne couvrent pas toujours bien les cas liés aux deepfakes :
- Le droit à l’image s’applique surtout à des images réelles d’une personne. Il devient plus difficile à invoquer quand l’image est entièrement générée par synthèse, et il ne couvre pas vraiment la question de la voix.
- La diffamation ou l’injure ne concernent que des contenus qui portent atteinte à l’honneur ou qui insultent. Or un deepfake peut être trompeur sans être diffamant.
- L’atteinte à la vie privée ne correspond pas forcément non plus à tous les cas.
Si une publicité utilise une image de synthèse très réaliste d’une célébrité pour vendre un produit, ce n’est pas forcément diffamant ni injurieux, mais c'est pourtant problématique.
Ce que tu dis n’est pas faux, mais l’idée de la proposition de loi au Danemark, c'est de s’inspirer du fonctionnement du droit d’auteur pour mieux protéger les personnes. Avec des textes plus ciblés, on limite aussi les débats juridiques et les contestations sur quelle loi utiliser, ce qui permettrait de demander plus facilement le retrait rapide d’un deepfake, de simplifier certaines procédures et de clarifier les responsabilités.
Si ce type de texte est proposé, c’est parce que des juristes ont identifié des difficultés dans l’application du droit existant.
On peut ne pas voir tous les avantages, mais le but est d’améliorer la manière dont la justice fonctionne face à ces nouveaux usages.
Il ne faut pas toujours voir le mal partout, il y a des gens qui cherchent à bien faire leur travail.
GruikMan Vermisseau