Comment les réseaux sociaux accentuent l’enfermement dans ses idées

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Internet et les réseaux sociaux sont-ils des machines à enfermer les internautes dans leurs propres certitudes ? Cette question, posée dès 2011 par le penseur du Web Eli Pariser dans son ouvrage The Filter Bubble : What The Internet is Hiding from you (Les bulles filtrantes : ce qu’Internet vous cache, non traduit), est aujourd’hui au cœur de la réflexion de nombreux chercheurs du Net.

Envoyé par Alix le 25 octobre 2018 à 12h58

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Oblivionis Taret

Moi j'appelle ca des œillères virtuel, et c'est pas propre à internet, Ca va du gars qui ne cotoie que les gens qui sont d'accord avec ses idées ( politiques ou religieuse ) qui regarde la chaine de télé qui dirat du bien de ses idées, qui va dans son bar préféré avec ses potes révolutionnaire lire le journal qui va avec ses idées aussi, etc... Au final, il a une vision du monde biaisé et refuse de voir une partie de la réalité qui ne correspond pas a ses attentes.
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yarkyark En réponse à Oblivionis Asticot

T'as l'air de savoir de quoi tu parles ! ;)
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Oblivionis En réponse à yarkyark Taret

Je fait souvent des introspective et j'essai de ne pas me faire avoir justement, après, est ce que j'y arrive ? Aucune idée, il me faudrait un point de vu extérieur pour savoir.Tout comme on peux facilement constaté ce phénomène sur des gens nous entourant.
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Foxsking En réponse à Oblivionis Lombric Shaolin

Oui mais dans ce cas là, faut-il accepter d'écouter les points de vue extérieurs qui ne correspondent pas à l'idée que tu te fais de toi-même ?
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Oblivionis En réponse à Foxsking Taret

Je part sur le principe que toute critique qui se veut constructive et bonne a entendre.

Mais pas forcément a prendre en compte non plus ^^
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john5 En réponse à Oblivionis

Internet renforce encore ça puisqu'il a tendance à généraliser le processus et à davantage masquer les opinions divergentes. Avec un résultat qu'on pourrait résumer à "plus tu vois ce que tu veux voir et moins tu vois ce que tu veux pas voir". Et inversement.
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_pepe_ En réponse à Oblivionis

On peut bien évidemment refuser de quitter sa bulle, mais on peut aussi choisir de s'ouvrir à d'autres horizons, en fréquentant d'autres personnes, en s'essayant à d'autres lectures, en changeant de bar ...

Or, le problème particulier des bulles filtrantes d'Internet, c'est que les sites qui occupent des positions dominantes s'opposent à ce que ceux qui le souhaitent puissent voir autre chose. Ces œillères ne sont pas les nôtres, mais celles que d'autres nous font porter, souvent contre notre gré, parfois à notre insu.

Il y a quelques années encore, alors qu'on parlait déjà de ces bulles, le phénomène était plutôt associé au fait que, par exemple, certains points de vue, centres d'intérêt et informations n'apparaissaient que très loin dans les résultats de recherche de Google (et des autres moteurs de recherche qui utilisaient plus ou moins ses résultats), après la vingt!ème ou la cinquantième page. Cette occultation partielle pouvait être considérée comme volontaire, car le classement des résultats et l'indexation des contenus obéissaient à des règles liées aux intérêts défendus par le site.

Aujourd'hui, c'est encore pire, car les résultats auparavant mal classés ne sont carrément plus proposés. J'ai pu le constater à maintes reprises, notamment en tentant vainement de retrouver d'anciens contenus (dont les miens) ou les pages qui y faisaient référence, alors qu'ils sont toujours bien présents sur le net : ceux qui ignorent leur existence ne peuvent plus les découvrir par les moyens habituels.

L'occultation est devenue totale. Elle est même pour une part devenue officielle depuis que la censure est pratiquée ouvertement, au nom de principes discutables.

Facebook, Tweeter, Wikipedia ou Youtube procèdent de façon différente, mais ils aboutissent au même phénomène : certains points de vue, informations et centre d'intérêt sont ressassés tandis que d'autres peinent à émerger, et de plus en plus du fait des tenants de ces sites.
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Nap En réponse à _pepe_ Vermisseau

je suis globalement d'accord avec toi, cependant inclure wikipedia comme une source de raisonnement biaisé par une idéologie centrale est faux à mon sens.
Ils essayent au maximum de s'approcher d'une méthode scientifique, la suppression pure et simple d'un contenu devant être appuyé par l'absence de preuves apportées par la personne qui a écrit les dites lignes litigieuses.
"Ce qui est avancé sans preuves peut être rejeté sans preuves", en clair si tu dispose de preuves et d'études solides (des revues scientifiques, des études basées sur des échantillons représentatifs, des dépôts d'inventions ou autres), globalement ton point de vue sera pris en compte jusqu'à ce que quelqu'un trouve une étude qui puisse réfuter le dit point de vue.
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john5 En réponse à Nap

Pas si simple. J'ai lu plusieurs tribunes critiquant le mode de modération de Wikipédia. Une grosse part de reproche portaient sur l'organisation hiérarchisée des contributeurs, avec au sommet des modérateurs presque tout puissants avec pour effet des conflits résolus par l'absurde, du genre un chercheur qui vient apporter des précisions sur un sujet sur lequel il est expert, mais qui vont être rejetées pour modif de "biais" par un modérateur qui n'y connaît rien, ce qui est complètement absurde... Mon sentiment personnel c'est que plus un sujet est général, important et populaire, plus il est fiable car il ai nécessairement fait l'objet de beaucoup de débats et rectifications, tandis que les pages sur des sujets beaucoup plus spécifiques peuvent beaucoup plus facilement être erronés, falsifiés ou biaisés... On sait très bien par exemple que la plupart des pages portant sur des compagnies ou des produits ont été écrites par les sociétés elles-même ou à minima des aficionados...
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_pepe_ En réponse à Nap

J'ai justement tenu à citer Wikipedia parce que j'ai pu constater ses dérives et même les vivre de l'intérieur du temps où j'y participais activement. Cela me touche d'autant plus qu'aujourd'hui, au boulot notamment, je passe beaucoup de temps à me battre contre des gens formatés par Wikipedia qu'ils citent comme référence incontestable, et qui ignorent de ce fait des principes élémentaires de rigueur scientifique pourtant enseignés dans les premières années de lycée (du moins ils l'étaient à mon époque) et des connaissances ou savoir faire fort mal restitués par l'encyclopédie en ligne, avec des conséquences souvent catastrophiques sur le travail.

Dans le principe, ce n'est pas l'absence de preuve qui y justifie le retrait d'une information et le maintien d'une autre, mais le fait que les preuves apportées soient *jugées* suffisamment représentatives par les tenants des articles. Les contenus sont donc maintenus au travers d'une démarche relativement subjectives grâce à la prise en considération de critères discutables.

En fait de démarche scientifique, si je puis me permettre une image, c'est un peu comme si l'on tirait un grand nombre de verres d'eau du robinet, et qu'au vu des résultats statistiques on concluait que les baleines ne vivaient pas dans l'eau (parce que visiblement on ne les y trouve pas), et qu'ensuite il ne soit plus possible de contester cette affirmation sous prétexte que les preuves indiquant le contraire ne peuvent pas être fournies en nombre suffisant (comparé au nombre de verres d'eau tirés dans lesquels on ne trouve pas de baleine).

Ce principe a notamment abouti à maintenir en ligne des explications erronées d'œuvres littéraires malgré les tentatives répétées de corrections de la part de l'auteur (car, à lui seul, jugé non représentatif), ou encore des biographies inexactes (et parfois diffamatoires) en dépit des protestations officielles des intéressés.

Et ça, ce n'est que le principe soi-disant appliqué, qui n'est souvent que le prétexte avancé pour produire un contenu orienté, découlant du seul point de vue des rédacteurs autorisés, et pour censurer toute modification contraire à ce point de vue, fût-elle parfaitement justifiée.

Comme j'ai déjà exprimé à plusieurs reprises sur ce site (par exemple par ici : http://lelombrik.net/81319 ) le fait que Wikipedia dépassait son rôle d'hébergeur de contenus, que ces contenus étaient parfois imprécis, incomplets, partiaux, inexacts voire mensongers, que leur contrôle était souvent tombé au mains de groupes d'individus rendant ainsi illusoire le caractère participatif de leur rédaction, et qu'il se dégageait globalement de cette « encyclopédie » une façon particulière de voir le monde et une idéologie discutables, je m'abstiendrai d'en redonner les détails.
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Screugneugneu1 En réponse à Oblivionis Vermisseau

ce phénomène existe bien évidemment dans la vie quotidienne en dehors d'internet.

Mais les réseaux sociaux font en sorte de cacher des contenus qui sont bordeline avec le politiquement correct (censure) ou encore le choix de te montrer des contenus sur ta timeline ou dans tes recherches en fonction de tes soit disant gout par du profilage personnalisé par algorithme...

Et c'est la tout le problème, il ne s'agit plus d'avoir du contrôle aux contenus en évitant un maximum d'influencer les résultats, mais ces algorithmes servent justement à ce que tu restes accroché à son réseau en étant tout le temps conforté des tes idées tout en te présentant de la pub correspondant aux critères qu'ils ton fixé.

Google fait ça, Facebook, Twitter, Insta... tout le monde le fait pour favoriser son réseau par rapport aux autres.

Tout ça n'est évidemment pas anodin, et quand il s'agit d'élection présidentielle par exemple c'est tout ce système qui a été mis en exergue sur la campagne de Trump.
Il a énormément utilisé Facebook à son avantage car ils ont la maitrise des mécanismes des biais cognitif, comportementaux, d'influence sur les réseaux.
Sans oublier de récupérer un max d'informations sur ton age, tes gouts, tes avis, tes j'aimes, tes conversations personnelles, ta couleur de peau, tes photos via des boites de traitement de Data pour dire la phrase ou le mot le plus à même d'être entendu, répété et influent pour que tu votes pour lui ou encore que tu cliques sur la pub ou le contenu selectionné pour toi.

les réseaux sociaux ont donc une influence plus grande que ce que tu peux penser ;)
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gwen En réponse à Oblivionis Vermisseau

Sauf si tu traînes dans beaucoup trop de bar... Il arrive forcément un moment où tu te retrouve dans un troquet inconnu à échanger des idées avec un inconnu.
Ça m'arrivait régulièrement les dimanche matin vers 10h, on sortait de chouille et on arrivait dans des bled paumé, au troquet de l'église, avec des gens dans un état d'esprit et avec des idées très différentes des nôtres.
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tomteub En réponse à Oblivionis Vermisseau

Ca existe des gens comme ça ? Pas sur LLB en tout cas ! Ici ce que j'aime, c'est cette ouverture d'esprit et cette tolérance aux idées différentes, si loin de cet entre-soi idéologique que tu décris.

Hamdoullah les lombrikiens et lombrikiennes ne se vautrent pas dans la facilité idéologique et font régulièrement leur introspection, tout en se confrontant volontairement à "cette partie du monde qui ne correspond pas à leurs attentes".

Sinon IRL ça se traduit par la notion de "milieu", genre le "milieu" du théâtre, le "milieu" militant, le "milieu" ultras (supporters de foot), de la nuit, de la techno, de la rue, etc.
Effectivement les mécanismes de ses structures pas toujours informelles entraîne un renfermement sur des valeurs communes, mais permettent aussi à des gens paumés et seuls de se valoriser en temps que membres d'un groupe.

Et le danger réside dans cet investissement dans les codes et les valeurs du groupe, et la reconnaissance qui en découle, qui donne le sentiment d'appartenance nécessaire à tout être humain pour se sentir en sécurité. C'est un des phénomènes qui permet de développer l'extrémisme idéologique, quelle que soit l'idéologie dont on parle.

En effet, l'idéologie (les valeurs du groupe) constituent un refuge structurant pour les personnes qui manquent de confiance en elles, en leur identité, et cette identification aux valeurs comme un élément de leur personne les poussent à refuser de les remettre en question, sous peine de ne plus savoir qui elles sont.
La remise en question par un tiers de ces valeurs entraîne alors une réaction violente (quelle que soit la forme de cette violence).

Les rézossocios ne font qu'utiliser ce sentiment confortable d'appartenance nécessaire à tout être humain, mais comme tu le dis si bien, on peut s'en sortir par l'introspection et la confrontation aux idées des autres, sans forcément les accepter bien sûr ;)
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Mylo Ver correcteur

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