Selon les analyses disponibles sur le fonctionnement du pouvoir russe, la décision d'envahir l'Ukraine en février 2022 aurait été prise dans un cercle extrêmement restreint autour de Poutine, dominé par les siloviki, c'est-à-dire les hommes issus des services de sécurité et de l'armée. Nicolas Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité et ancien chef du FSB, est souvent présenté comme l'une des voix les plus influentes ayant poussé à une ligne dure envers Kiev, tout comme Alexandre Bortnikov, l'actuel patron du FSB, et Sergueï Narychkine, à la tête du renseignement extérieur (SVR), qui avait publiquement défendu la reconnaissance des républiques séparatistes du Donbass juste avant l'invasion. Le ministre de la Défense de l'époque, Sergueï Choïgou, et Igor Setchine, patron de Rosneft et proche historique de Poutine dans les services, complètent ce noyau de décideurs stratégiques. Autour de ce premier cercle, des oligarques comme Guennadi Timtchenko, Arkadi Rotenberg et Igor Kovaltchouk n'auraient pas participé à la décision militaire elle-même, mais auraient apporté un soutien financier et logistique au système, contribuant à en assurer la résilience économique face aux sanctions.
Il faut cependant garder à l'esprit que ce schéma reste une reconstruction analytique et non une description certifiée d'un processus décisionnel documenté : le fonctionnement réel du pouvoir au Kremlin est opaque, les délibérations ne sont pas publiques, et les journalistes et chercheurs qui ont tenté de retracer la chaîne de décision se fondent largement sur des recoupements de sources, des fuites partielles et des témoignages indirects. Certains spécialistes estiment même que la décision finale a pu être prise par Poutine de manière quasi solitaire, avec un cercle de conseillers informés plutôt que réellement consultés.
Envoyé par Flaneur Aujourd'hui à 14h14