La question de savoir si les adolescents lisent plus ou moins qu'avant est souvent tranchée trop vite, en opposant le livre papier à l'écran. Pourtant, comparer un adolescent de 2026 à un adolescent des années 80 oblige à redéfinir ce que l'on entend par lire, car les supports, les volumes et les habitudes ont radicalement changé en quarante ans.
Prenons deux ados : celui des années 80 lisait probablement entre 5 000 et 10 000 mots par jour, en comptant les manuels scolaires, les magazines comme Pif Gadget ou Okapi, et les livres de loisir. Il consacrait environ 1 heure par jour à une lecture volontaire, et environ 70% des jeunes français déclaraient lire au moins un livre par mois hors obligation scolaire. La télévision, son principal concurrent, était un média essentiellement passif qui ne demandait aucun effort de lecture, et il y passait environ 3 heures par jour.
Celui de 2026 lit en moyenne entre 30 000 et 50 000 mots par jour si l'on additionne tous les textes numériques qu'il consulte : messages instantanés, réseaux sociaux, commentaires, sous-titres, articles, notifications et interfaces de jeux vidéo. Il passe en moyenne 7 heures par jour devant un écran, dont environ 4 heures impliquent une forme active de lecture de texte. En revanche, seulement 40% des 15-24 ans déclarent lire au moins un livre par mois en 2024, contre 70% dans les années 80.
Ainsi, l'ado de 2026 lit en volume peut-être 5 à 8 fois plus de mots par jour que son homologue des années 80, mais sous forme de fragments de moins de 100 mots en moyenne, quand l'ado des années 80 pouvait soutenir sa concentration sur des textes de plusieurs centaines de pages.
Sur la question de l'enrichissement intellectuel, la réponse est difficile à trancher objectivement car les deux profils développent des compétences différentes plutôt qu'opposées. L'ado des années 80 développait davantage sa capacité de concentration prolongée, son vocabulaire soutenu et sa pensée narrative, des aptitudes mesurées et valorisées par les études en sciences cognitives. L'ado de 2026 développe quant à lui une capacité de traitement rapide de l'information, une agilité à naviguer entre de multiples sources et une exposition à une diversité de sujets bien plus large, couvrant en une journée des domaines allant de la politique internationale à la science, en passant par la culture populaire mondiale. Des recherches menées entre 2015 et 2023 montrent cependant que la lecture longue et linéaire reste le meilleur vecteur de développement du raisonnement complexe, de l'empathie et de la maîtrise de la langue. En ce sens, et de manière strictement objective, l'ado des années 80 s'enrichissait probablement plus en profondeur, tandis que l'ado de 2026 s'enrichit plus en largeur, sans qu'aucun des deux modèles ne soit universellement supérieur à l'autre.
Envoyé par Flaneur Aujourd'hui à 18h49
GruikMan Vermisseau
En fait les film de Q pourraient les aider, y a de l'action en permanence !!
nimajneB LoMBriK addict !
et encore moins de lire la description