Conditions de travail

Dans certaines régions rurales de Maharashtra, notamment dans le district de Beed district, des milliers de femmes travaillant dans les récoltes de canne à sucre ont subi une hystérectomie, c’est-à-dire une opération consistant à retirer l’utérus. Ce phénomène a choqué l’Inde car beaucoup de ces femmes expliquent avoir accepté l’opération non pas pour une nécessité médicale absolue, mais pour pouvoir continuer à travailler sans interruption. Dans les champs, les journées peuvent durer jusqu’à 12 ou 14 heures, souvent sans toilettes, sans protections sanitaires adaptées et avec très peu de droits sociaux. Les règles, les grossesses ou les problèmes gynécologiques deviennent alors un risque économique direct pour les familles les plus pauvres.

Le système appelé « jodi » est au cœur du problème. Le mot signifie « paire » ou « couple » : les ouvriers sont recrutés par deux, généralement mari et femme, et sont payés ensemble pour une quantité de travail précise. Si l’un des deux tombe malade ou s’absente, tout le couple perd de l’argent et peut même accumuler des dettes envers les recruteurs. Beaucoup de familles empruntent de l’argent avant la saison des récoltes, ce qui les enferme dans une forte dépendance économique. Dans ce contexte, certaines femmes disent avoir subi des pressions indirectes pour éviter toute absence liée aux menstruations, aux grossesses ou aux fausses couches, et des médecins privés auraient parfois encouragé les hystérectomies comme une “solution pratique”.

La canne à sucre récoltée en Inde ne reste pas uniquement sur le marché indien. L’Inde fait partie des plus grands producteurs mondiaux de sucre et une partie de cette production est exportée vers l’Europe, y compris vers la France via le marché européen. Cela ne signifie pas que le sucre consommé en France provient directement des champs de Beed, mais il existe bien un lien entre l’industrie sucrière indienne et les produits vendus sur le marché européen.

Depuis que l’affaire a éclaté publiquement autour de 2019, les autorités indiennes ont lancé plusieurs enquêtes et promis des réformes. Des commissions médicales ont été créées, certaines cliniques privées ont été surveillées et des responsables politiques ont promis davantage de contrôles. Mais dans les faits, les associations locales et les militants expliquent que les améliorations restent limitées. Les conditions de travail difficiles, la pauvreté, le manque d’accès aux soins et le système de dette qui pousse les couples à accepter presque n’importe quelles conditions existent encore largement aujourd’hui. Beaucoup estiment donc que les autorités ont surtout réagi sous la pression médiatique, sans transformer profondément le système qui a permis ces abus.

https://www.theguardian.com/global-development/2025/jun/12/outrage-as-sugar-cane-workers-in-india-still-being-pushed-into-having-hysterectomies?utm_source=chatgpt.com#img-1

Dans certaines régions rurales de Maharashtra, notamment dans le district de Beed district, des milliers de femmes travaillant dans les récoltes de canne à sucre ont subi une hystérectomie, c’est-à-dire une opération consistant à retirer l’utérus. Ce phénomène a choqué l’Inde car beaucoup de ces femmes expliquent avoir accepté l’opération non pas pour une nécessité médicale absolue, mais pour pouvoir continuer à travailler sans interruption. Dans les champs, les journées peuvent durer jusqu’à 12 ou 14 heures, souvent sans toilettes, sans protections sanitaires adaptées et avec très peu de droits sociaux. Les règles, les grossesses ou les problèmes gynécologiques deviennent alors un risque économique direct pour les familles les plus pauvres.

Le système appelé « jodi » est au cœur du problème. Le mot signifie « paire » ou « couple » : les ouvriers sont recrutés par deux, généralement mari et femme, et sont payés ensemble pour une quantité de travail précise. Si l’un des deux tombe malade ou s’absente, tout le couple perd de l’argent et peut même accumuler des dettes envers les recruteurs. Beaucoup de familles empruntent de l’argent avant la saison des récoltes, ce qui les enferme dans une forte dépendance économique. Dans ce contexte, certaines femmes disent avoir subi des pressions indirectes pour éviter toute absence liée aux menstruations, aux grossesses ou aux fausses couches, et des médecins privés auraient parfois encouragé les hystérectomies comme une “solution pratique”.

La canne à sucre récoltée en Inde ne reste pas uniquement sur le marché indien. L’Inde fait partie des plus grands producteurs mondiaux de sucre et une partie de cette production est exportée vers l’Europe, y compris vers la France via le marché européen. Cela ne signifie pas que le sucre consommé en France provient directement des champs de Beed, mais il existe bien un lien entre l’industrie sucrière indienne et les produits vendus sur le marché européen.

Depuis que l’affaire a éclaté publiquement autour de 2019, les autorités indiennes ont lancé plusieurs enquêtes et promis des réformes. Des commissions médicales ont été créées, certaines cliniques privées ont été surveillées et des responsables politiques ont promis davantage de contrôles. Mais dans les faits, les associations locales et les militants expliquent que les améliorations restent limitées. Les conditions de travail difficiles, la pauvreté, le manque d’accès aux soins et le système de dette qui pousse les couples à accepter presque n’importe quelles conditions existent encore largement aujourd’hui. Beaucoup estiment donc que les autorités ont surtout réagi sous la pression médiatique, sans transformer profondément le système qui a permis ces abus.

https://www.theguardian.com/global-development/2025/jun/12/outrage-as-sugar-cane-workers-in-india-still-being-pushed-into-having-hysterectomies?utm_source=chatgpt.com#img-1

Envoyé par Flaneur Hier à 19h01

+ -3 -

GruikMan Vermisseau

Après kan t'as déjà 5 gamins... C'est pas catastrophique...
+ 1 -

Tuveuxvoirmabique En réponse à GruikMan Vermisseau

Combien sur ces 5 resterons suffisamment longtemps en vie et apte à assurer tes vieux jours improductifs dans un monde qui ne conçois ton existence qu'à travers l'éventuel profit généré par ton exploitation ?
:)
+ 0 -

GruikMan En réponse à Tuveuxvoirmabique Vermisseau

Regardes les stats sur les pays émergent, moins d'enfants par famille aide globalement a sortir de la pauvreté, et l'éducation des femmes à la contraception en est une clef.

Apres si on peut plus faire d'humour noir ..

l'Inde avait déjà subit des périodes de stérilisation forcée des femmes dans les années 60/70 avec la pression bienveillante d'organisations charitables des pays occidentaux en général ( ciblée femme pauvres, la Corée du sud aussi etc)
Malheureusement l'Inde est un grand pays avec beaucoup de problème d'égalité et de répartition... Le poids culturel des castes...limite esclavage des plus pauvres.
La pollution air/eaux atteint des sommets...
Capitalisme en roue libre .. régulation par corruption... Etc..
bref j'irai pas en vacances là bas...
Inscrivez-vous ou Connectez-vous pour envoyer un commentaire
29