L’Union européenne et l’Inde viennent de conclure un accord de libre‑échange, souvent présenté comme un accord de « libre‑échange UE–Inde » (EU‑India Free Trade Agreement), qui s’inscrit dans un ensemble plus large comprenant aussi un accord de protection des investissements et un accord sur les indications géographiques. Cet accord, finalisé fin janvier 2026 après près de vingt ans de négociations, crée une zone de libre‑échange couvrant environ deux milliards de personnes et près d’un quart du PIB mondial, ce qui en fait l’un des accords commerciaux les plus ambitieux jamais signés par l’UE.
Du côté européen, l’Inde s’engage à éliminer ou réduire les droits de douane sur plus de 96% des exportations de biens de l’UE, avec des économies de l’ordre de 4 milliards d’euros par an de droits pour les entreprises européennes. Les principaux produits européens concernés sont les machines, les produits chimiques, les médicaments, les avions et engins spatiaux, les automobiles (avec une baisse progressive des droits et des contingents), ainsi que de nombreux produits agroalimentaires comme le vin, l’huile d’olive, le chocolat, les pâtisseries et d’autres aliments transformés. L’accord ouvre aussi davantage le marché indien aux services européens, notamment dans la finance, les services maritimes et d’autres services aux entreprises, en offrant aux prestataires de l’UE un accès préférentiel à un marché traditionnellement très protégé.
Pour l’Inde, l’UE supprimera dès l’entrée en vigueur les droits de douane sur environ 90% des biens indiens, puis sur 93% des biens au bout de sept ans, de sorte qu’environ 99,5% du commerce bilatéral bénéficiera à terme d’une forme de concession tarifaire. Les secteurs indiens qui devraient le plus en profiter sont le textile, les pierres précieuses et la joaillerie, le cuir et une partie importante des services, l’UE étant déjà le premier partenaire commercial de l’Inde pour les biens et un partenaire majeur pour les services. L’accord s’accompagne d’engagements sur le climat, l’environnement, les droits du travail et l’égalité femmes‑hommes, et il est complété par des discussions sur la mobilité des étudiants, chercheurs, travailleurs saisonniers et professionnels hautement qualifiés, ce qui renforce encore l’attractivité du partenariat pour la montée en gamme de l’économie indienne.
Le caractère marquant de cet accord tient d’abord à la taille du marché : en donnant à l’UE un accès privilégié au pays le plus peuplé du monde, avec 1,4–1,45 milliard d’habitants, il vise potentiellement à doubler les exportations européennes vers l’Inde d’ici 2032. Pour l’Inde, l’accord consolide un accès stable à un marché de 27 États membres à haut niveau de revenu, déjà à l’origine de centaines de milliards d’euros d’échanges de biens et de services, avec une progression très rapide sur la dernière décennie. Au‑delà des chiffres, cet accord place la relation UE–Inde au centre de la reconfiguration des chaînes de valeur face aux tensions commerciales avec les États‑Unis et la Chine, en couplant ouverture commerciale, coopération technologique (semi‑conducteurs, 6G, intelligence artificielle) et rapprochement stratégique en matière de sécurité, ce qui en fait un pivot géo‑économique majeur pour les deux partenaires.
Envoyé par Flaneur Hier à 15h20
IPZ Vermisseau
L'europe n'est pas un marché commun, comme annoncé, mais une dérégulation complète du commerce international. Il y a aura pas de commerce bilatéral, pourquoi un produit Français cher, alors que les produits indien vaudrons rien.
Nous avons fait le choix, en France, d'avoir une protection sociale forte pour les Français. Le coût de cette protection sociale repose sur nos entreprises (au sens large, y comprenant leurs employés) et impacte de facto leur compétitive.
Sans protection douanière, sans marché intérieur, la seul solution pour la France sera de supprimer ces protections, il faut bien comprendre cela.
Quand à la blague de l'accord sur l'écologie et le droit des femmes en Indes ...lol. On nous prends vraiment pour des cons.
Flaneur En réponse à IPZ Ver TikToké
IPZ En réponse à Flaneur Vermisseau
Flaneur En réponse à IPZ Ver TikToké
L’Union européenne a signé une vingtaine d’accords de libre-échange majeurs, et les évaluations montrent pour la plupart des gains nets en exportations (+20-50% en moyenne), PIB (+0,1-0,5% cumulés), emplois export (millions) et baisse des prix, malgré des pertes sectorielles localisées (agriculture sensible, industries bas de gamme).
Voici les principaux avec gains clés pour l’UE :
Canada (AECG 2017) : exportations biens +51%, agriculture (vin +22%, fromage +97%), PIB +0,2%, emplois +500 000.
Japon (2019) : exportations +6 milliards €, agroalimentaire +25%, suppression 99% droits, parts de marché +10%.
Corée du Sud (2011) : exportations +60%, autos/chimie/pharma leaders, PIB +0,08%, emplois export +350 000.
Royaume-Uni (TCA 2021) : stabilité échanges 700 milliards €/an, quotas/services préservés, croissance +0,5% vs chaos.
Mercosur (provisoire 2025) : accès 260 millions consommateurs, suppression 91% droits (voitures/machines), économies 4 milliards €/an, services ouverts.
Singapour/Vietnam (2019-2020) : exportations +30%, électronique/pharma, ASEAN hub, PIB +0,03-0,1% chacun.
Chili/Mexique modernisés (modernisés 2023) : Amérique latine boost, agro/machines +40%, diversification vs Chine.
Inde (2026) : doublement exportations prévues d’ici 2032, 96% droits supprimés (médicaments/autos), 1,4 milliard consommateurs.
Globalement, ces accords couvrent 45% commerce UE, croissance export +2-3 fois plus rapide que non-préférentiel, résilience post-Russie/Chine, géopolitique renforcée, avec clauses durabilité/protection secteurs vulnérables.
IPZ En réponse à Flaneur Vermisseau
Tout cela se fait au détriment de la France et de notre économie, et c'est notre économie qui importe, car c'est elle qui paie nos services, notre santé, nos retraites, nos acquis sociaux. C'est de ta vie, de tout ce qui t'entour directement qu'il s'agit, ouvre les yeux.
Sto En réponse à IPZ Vermisseau
Si des gens veulent voir les données de balance commerciale vous pouvez vous amuser ici https://data.wo...locations=US-DE
Vous pourrez vous aussi essayer de trouver des courbes qui expliquent votre vision du monde économique :)
Flaneur En réponse à IPZ Ver TikToké
Pour la France, les grands accords de libre‑échange de l’UE apportent globalement des gains nets en exportations, en débouchés pour les grandes filières (aéronautique, luxe, agroalimentaire de qualité, chimie‑pharma, services), mais avec des risques pour certains secteurs agricoles et industriels exposés.
Canada (CETA) : commerce France‑Canada en hausse d’environ 30% depuis 2017, avec une progression des exportations françaises d’environ 1 milliard d’euros (de 3,2 à 4,2 milliards, soit +33%), des économies de droits de douane d’une trentaine de millions d’euros par an et un meilleur accès aux marchés publics et aux services canadiens.
Corée du Sud : depuis l’accord UE‑Corée, les exportations françaises vers la Corée ont atteint un record de 6,9 milliards d’euros en 2024, en hausse de 13% sur un an, tandis que les importations ont chuté de 31%, faisant basculer la relation d’un déficit important vers un excédent commercial qui contribue à la réduction du déficit extérieur français.
Accord UE‑Mercosur (encore contesté en France) : pour les entreprises françaises, il offrirait des économies substantielles de droits de douane sur les voitures, pièces détachées, machines, produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi qu’un meilleur accès aux services, sur un marché où la France exporte déjà plus de 5,5 milliards d’euros de biens ; en contrepartie, les filières bovine et certaines productions agricoles jugent l’accord très risqué.
Accords avec le Japon, le Vietnam, Singapour ou d’autres partenaires asiatiques : ils soutiennent surtout les exportations françaises à haute valeur ajoutée (aéronautique, luxe, pharmacie, vins et spiritueux), contribuent à la diversification hors Europe, mais la France reste moins exportatrice que l’Allemagne et plus exposée aux délocalisations, ce qui limite la perception des gains par une partie de l’opinion.
Globalement, pour la France, ces accords renforcent les positions de ses secteurs les plus compétitifs et ouvrent des marchés clés (Amériques, Asie, Mercosur, Inde demain), mais ils accentuent aussi les tensions entre une économie de grandes multinationales très intégrées au commerce mondial et des territoires ou filières qui se sentent fragilisés par la concurrence internationale.
Black En réponse à Flaneur Lombric
Est-ce bénéfique en millions de litres de pesticides ingérés ?
BonPublic Vermisseau
GruikMan En réponse à BonPublic Vermisseau