Au Japon, on estime aujourd’hui à environ huit millions le nombre de maisons dites akiya, des logements vides, souvent abandonnés, parfois littéralement donnés gratuitement ou cédés pour le prix symbolique des frais administratifs. Ce phénomène n’a rien d’anecdotique : dans certaines zones rurales mais aussi périurbaines, des rues entières se vident, les toits s’effondrent, les jardins retournent à l’état sauvage. Selon les projections démographiques, d’ici 2033, une maison sur trois pourrait être vacante. Ce n’est pas une crise immobilière classique, c’est une crise démographique profonde qui se matérialise dans le bâti.
La cause principale est le vieillissement brutal de la population japonaise. Le pays a vieilli plus vite que tous les autres, sans renouvellement par les naissances. Les enfants sont rares, les familles petites, souvent uniques, et beaucoup de Japonais n’ont tout simplement pas de descendants pour hériter de la maison familiale. Quand les parents meurent, les enfants vivent loin, à Tokyo ou Osaka, ou n’existent pas. Résultat : personne ne veut reprendre une maison située dans un village sans école, sans hôpital, sans travail. Pire encore, la fiscalité et les normes rendent parfois la démolition plus coûteuse que l’abandon. Les maisons restent là, vides, figées, comme des lieux oubliés.
Le vieillissement n’est pas seulement un chiffre, c’est une atmosphère. Des campagnes silencieuses, des commerces fermés, des gares désertes. Une société où il y a trop de morts à venir et pas assez de vivants pour prendre la relève. Le Japon paye le prix d’un modèle familial brisé, d’une pression sociale extrême, du coût de la vie, et d’un rapport au travail qui a découragé la natalité pendant des décennies. Les maisons gratuites ne sont pas une opportunité dorée : elles sont le symptôme d’un pays qui se contracte.
La France regarde souvent cette situation comme une curiosité lointaine, mais la trajectoire n’est pas si différente. Les baby-boomers français, très nombreux, propriétaires en masse, vont progressivement disparaître dans les vingt prochaines années. Aujourd’hui, ils occupent une part disproportionnée du parc immobilier. Quand cette génération mourra, des millions de logements arriveront simultanément sur le marché. Or, la génération suivante est moins nombreuse, plus pauvre, plus précaire, et fait moins d’enfants. L’idée que la pénurie immobilière serait éternelle est une illusion construite sur une pyramide des âges temporairement favorable.
À mesure que la population vieillit et que la croissance démographique ralentit, le marché immobilier français pourrait se normaliser, voire se détendre fortement dans certaines zones. Comme au Japon, les territoires éloignés des bassins d’emploi risquent de se vider en premier. Les héritiers refuseront des maisons coûteuses à entretenir, mal isolées, loin de tout. Ce ne sera pas aussi brutal ni aussi rapide qu’au Japon, mais la logique est la même : trop de logements pour trop peu de vies nouvelles.
Le Japon n’est pas une anomalie, il est un laboratoire du futur. Les akiya racontent une histoire sombre : celle de sociétés vieillissantes qui ont misé sur la propriété comme pilier de sécurité, sans anticiper l’effondrement démographique. La France suit la même pente, avec quelques années de retard. La différence, c’est que ce qui choque encore ici est déjà devenu banal là-bas : des maisons sans valeur, parce qu’il n’y a plus assez d’humains pour leur donner un sens.
Envoyé par Flaneur Aujourd'hui à 08h42
BonPublic Vermisseau
doomy Lombric Shaolin
Jomil En réponse à doomy Vermisseau
Mais tu dois être résident.
Tu dois t'engager à y vivre (en general au moins 5 ans en fonction des communes)
Tu dois rénové selon le cahier des charges locales (style architectural et norme anti sismique) sachant qu'au japon, tu ne bricoles pas, tu embauches des entreprises, sinon tu n'as pas tes certificats de conformité obligatoire.
Au final ta maison à 1€ te coute plus proche des 200k€, dans des patelins où il n'y a rien.
Donc voiture obligatoire et même si les kaycar ne sont pas cher, les entretiens et différentes taxes sur l'automobile sont hors de prix.
Flaneur En réponse à Jomil Ver TikToké
vYse59 Lombric Shaolin
elle est passée par une agence qui l'a bien aidé mais qui a coûté 5000€ et je crois qu'elle a acheté vers 35000€ donc on est loin du 1€.
et encore par exemple elle n'a pas d'eau il faut qu'elle fasse raccorder chez elle donc ça va coûter et sans compter les travaux.
son copain Louis-san a fait une bonne vidéo traitant du sujet si ça vous intéresse
Flaneur En réponse à vYse59 Ver TikToké
le-long-brick Longbric
BarneyGumbles Lombric Shaolin