Malin

Mafalda, de Quino.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mafalda
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Mafalda, de Quino.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mafalda

Envoyé par tomteub le 7 octobre 2019 à 11h21

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Oblivionis Taret

" Et quand ton petit frère va voir quelque chose qu'il n'a pas et que tu a travaillé pour l'obtenir ? "

" Ben pareil, on lui donnera la même chose, mais sans qu'il n'est besoin de travaillé "

" Et quand tu détiendra quelques chose qui est unique ? tu ferra comment, tu lui donnera et il aura plus que toi du coup ? "

"Ben heuuuu"

" Et au final, il ne risque pas de croire qu'il est mieux que toi, puisqu'il peux avoir pareil que toi,voir mieux, mais sans effort ? "

" Si tu pense comme ça, c'est que t'est de droite, tu me dégoutte ! "


C'est pour ca que mes bd sont jamais publié !
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john5 En réponse à Oblivionis

Le mérite est une valeur capitaliste et bourgeoise. La promouvoir fait de toi un être vil et méprisable.
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Thiche En réponse à john5 Colonel Chat-Ver

Effectivement, puisque "le mérite" comme valeur permet à la bourgeoisie de justifier et de pérenniser sa position de classe, celle-ci l'adossant uniquement au facteur "travail". À propos de la "bourgeoisie de gauche" que Bégaudeau qualifie de "cool" en opposition à la "bourgeoisie réac", plutôt conservatrice et réactionnaire, mais dont les discours divergents en apparence visent à la même préservation de position de classe et des acquis inhérents à celle-ci :

"Dans le récit que tu m'as parfois livré de ton parcours, un maillon toujours manquait. De ta fac de droit à Lyon à ton entrée comme scripte à Canal +, de ton master en linguistique à la gestion des droits audiovisuels chez un éditeur, de tes trois ans d'enseignement à ton bar à vin dans le vieux Lyon, manquait toujours l'épisode pourtant décisif où intervient la main invisible du réseau, le piston pour un stage chez Universal converti en CDI, le prêt bancaire garanti par un père d'autant plus dispendieux que divorcé - comme moi. Tu escamotes les facilitations de classe comme un magicien fait son truc.
L'ellipse est souvent - pas toujours - inconsciente. Tu ellipses par omission. Les facilitations de classe sont si inhérentes à ta condition qu'elles te semblent un donné, un donné social que tu en viens à appeler nature et qui, ainsi renommé, ainsi maquillé, échappe à ta vue.
Ce que j'appelle bêtise ne tient pas à la dissimulation en soi - il y faut un peu de cette finesse dont tu ne manques pas - mais au fait qu'elle finit par te leurrer. Tes conneries tu as fini par les propager en toute bonne foi. Léa Seydoux est de bonne foi quand elle se prétend formée à l'école de la vie.

À la fin, tu crois vraiment que tu t'es fait tout seul."

François Bégaudeau dans "Histoire de ta bêtise" p.156 - 157
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tomteub En réponse à Thiche Vermisseau

Le bouquin est intéressant par son côté "vulgarisation", et comme il démonte les "excuses" que se trouve les bourgeois (qu' "on" se trouve, je ne me mens plus là-dessus depuis longtemps). Par contre le passage où il se répand en expliquant qu'il n'est pas bourgeois parce qu'il ne fait pas sa vaisselle ni son ménage est chiant et pue le déni.
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Thiche En réponse à tomteub Colonel Chat-Ver

Selon moi, et comme le développe Bégaudeau plus loin dans son ouvrage, cet "éloge" matérialiste de la crasse, qui ne me semble pas être citée par hasard, est à mettre en perspective avec la dématérialisation de l'existence bourgeoise par le bourgeois lui-même : le bourgeois ne la connait pas, cette "crasse", car il stipendie du personnel pour la soustraire de son champ de vision. Du manière générale, le bourgeois stipendie d'ailleurs tout ce qui peut l'extraire au principe de réalité et dont la crasse est consubstantielle : Nounou pour torcher le cul merdeux de son gosse, femme de ménage pour ménager à sa place tout contact avec la crasse, traiteurs et livraison de mets fins à domicile pour se délivrer de la crasse qui découle de sa confection, etc. ... Voilà autant de prérogatives bourgeoises dont, in fine, le seul but est d’annihiler toute contrainte au réel. On pourrait même imaginer que si le bourgeois pouvait engager du personnel pour déféquer à sa place, il le ferait. Le bourgeois "cool et de gauche" le ferait déjà pour se reproduire puisque l'éventualité de la GPA est une modalité de reproduction viable pour lui. Et au nom de "l'égalité", principe et valeur qui abondera toujours dans le sens des intérêts du bourgeois ( alors même qu'il n'y a pas plus inégalitaire que le statut de bourgeois. Tu noteras d'ailleurs que le gilet jaune est moins égal au bourgeois puisque ce dernier prend la liberté de le traiter de "fasciste" et que si le citoyen lambda vote "mal", il faut impérativement le "recarder" quitte à oublier son vote massif lors d'un énième referendum ), un couple d'hétérosexuel à les mêmes "droits" qu'un couple homosexuel. Et inversement. Donc à un accès total à la GPA. Pour cela, le bourgeois de gauche enrobera le tout d'un vernis de "Liberté" pour ne pas répondre des rapports économiques et de classe que cette pratique implique. Terminé les nausées et les vomissements pré-partum, les vergetures post-partum, les défécations inopinées pendant l'accouchement, les seins gorgés de lait et qui finissent par s'affaisser une fois rincés, les anus dévastés par l'épisiotomie salvatrice ou les éventuelles cicatrices suite à la nécessité d'une césarienne. Toute cette "crasse" physique peut être endiguée par un simple rapport marchand.

Bref, je divague. Mais je pense que c'est pour cette raison que Bégaudeau en fait mention dans son livre.
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tomteub En réponse à Thiche Vermisseau

Ouais, je vois l'idée. Je te rejoins sur la GPA. Par contre je pense que chez lui ça tient plus de la honte de son statut social, et donc du comportement "anti-bourgeois" à un point symptomatique.

Je faisais pareil jusqu'à mes 25 ans, et puis un jour j'ai accepté que je venais d'une famille bourgeoise, que j'en avais hérité un patrimoine culturel, que ça avait des avantages (comme trouver du boulot facilement, etc.) que j'avais pas à en avoir honte et que c'était agréable de vivre dans un appart propre, quand même.
Et que ça m'empêchais pas quand je bossais de parler avec des lascars et de s'insulter entre coursiers sur la route.
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jose_cahuette Vermisseau

Hahaha c'te propagande gauchiste! J'adore ! Bien imagé comme il faut ^^
La morale de cette histoire les enfants c'est que vous pouvez rien branler de vos dix doigts tout au long de votre vie l'état vous entretiendra quand même pour pas que vous deveniez un méchant extrémiste XD
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john5

Bravo, je ne pensais pas que quelqu'un tomberait autant à plein nez dans mon joli troll. Mais bon puisque j'ai cherché la merde, je vais me faire l'avocat du diable et jouer le jeu jusqu'au bout.

Derrière ton beau discours se cache une logique plutôt branlante. Si je résume ton argumentation (ou plutôt celle de Bégaudeau, vilain copiteur), « les riches défendent le mérite alors qu'eux-mêmes bénéficient de privilèges, DONC ils ne sont pas réellement méritants DONC le mérite n'est pas une valeur bonne à défendre ».
Sophisme, purement et simplement et de plusieurs façons qui plus est.

D'une part, ce n'est pas parce qu'on est avantagé par rapport à d'autres qu'on n'est pas méritant. Un riche qui s'entraîne 10 heures par jour pour devenir champion dans une discipline sportive quelconque est certes plus avantagés qu'un pauvre, mais ça ne diminue pas la valeur de son effort et son investissement.
D'autre part, ce n'est pas parce qu'une partie de ses fervents défenseurs sont hypocrites ou biaisés ou ignorants que cela décrédibilise la valeur. Les caractéristiques personnelles de personnes défendant une idée n'ont aucun rapport avec la valeur de l'idée. C'est un pur argument d'autorité.

Non seulement l'argumentation est foireuse, mais en plus elle est tout aussi hypocrite que ceux qu'elle fustige. Parce qu'en reprochant aux riches de ne pas être réellement méritants, elle valide paradoxalement le fait que le mérite soit une valeur louable, puisque le fait de ne pas en faire réellement preuve est ce qu'elle reproche, ce qui est complètement absurde.

D'après cnrtl.fr, la définition de mérite, c'est « Valeur morale procédant de l'effort de quelqu'un qui surmonte des difficultés par sens du devoir et par aspiration au bien. »

Si on y réfléchis un peu, cela devrait logiquement être une valeur essentielle de la gauche. Après tout dans la vision gauchiste du monde, le pire défaut d'un riche, c'est le privilège et donc bien de l'être devenu sans avoir eu rien à faire pour. Or, le mérite est une qualité qui valorise les actes d'un individu plutôt que sa nature.

Je vais aller encore plus loin : non seulement le mérite est une valeur louable, c'est même une qualité morale indispensable à la paix sociale. Pour le vérifier, prenons le problème à l'envers et en partant du postulat que le mérite est un principe sans aucune valeur et qu'il ne faut chercher d'aucune façon à le récompenser.

Ce que l'on dit donc c'est que les efforts des individus sont sans valeurs. Tout le monde doit recevoir la même chose peu importe son degré d'implication, de travail, d'ambition, de courage ou de sacrifice. Celui qui bosse comme un acharné pour améliorer sa vie ne doit pas avoir plus que celui qui se laisse paresseusement entretenir, les doigts de pied en éventail.

Attends, ça me rappelle quelque chose... Ce sont les riches ça ! Donc on fustige précisément la valeur dont l'absence qualifie ceux à qui on reproche de défendre cette valeur... Ce n'est pas seulement absurde, c'est complètement idiot.


@edit : évidemment je répondais à Thiche, mauvaise manip
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tomteub En réponse à john5 Vermisseau

En fait ce qui est fustigé par Bégaudeau, et un bonne partie de la gauche, ce n'est pas la valeur du mérite, mais l'utilisation qui en est faite par la droite.

C'est l'utilisation de cette valeur pour expliquer et justifier toutes les inégalités, en prenant pour postulat que tout le monde part à égalité à la naissance.

Comme tu dis, la valeur mérite, la valeur travail peuvent être des valeurs de gauche. Regarde Stakhanov ... lol.
Plus sérieusement c'est juste ça qui est dénoncé, le biais dans l'utilisation de cette valeur, et donc dans le raisonnement, conséquents du postulat de départ erroné. Et le fait que beaucoup de gens refuse de voir ce biais.

Et donc la culpabilisation des pauvres : si t'es pauvre, c'est que t'as pas fait assez d'efforts. C'est que t'as pas voulu assez. Que tu t'es pas assez sacrifié. Que t'as pas assez écrasé.
Et ça te donne des gars venant de milieux de prolos prêts à tout pour accéder au st-graal du pognon et de la réussite sociale, via sa vitrine de la consommation.
Des gars prêts à te rouler dessus avec leur uber parce que tu leur a fait rater un feu. Des gars prêts à pourrir leur collègue pour une promotion, à te balancer des tonnes d'acide dans la nature pour une prime, etc.

Un monde de crevard égoïste, où le seul but est de posséder plus que l'autre, pour prouver son "mérite".

Voilà ce qui est dénoncé, et surtout l'utilisation de cette valeur par des gens qui, eux, n'en ont pas eu besoin de beaucoup.

Et merde, je voulais faire court.
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Thiche En réponse à john5 Colonel Chat-Ver

Je ne peux malheureusement pas résumer un livre de 223 pages en un seul paragraphe. Autre extrait, page 84, qui pourrait sans doute te donner envie de le lire ou, au pire, qui répond à tes assertions et qui corrobore les propos de tomteub :

"Les grandes écoles où tu te reproduis lancent des programmes égalité des chances. L'illusion d'une chance égale achète le silence des perdants. Le pauvre ainsi soutenu ne peut plus se plaindre, il ne doit s'en prendre qu'à lui-même, il a eu sa chance.
Tu appelles équité ce pastiche d'égalité.
Aussi bien, tu offres refuge aux élèves périphériques les plus dociles dans des internats d'excellence où il potasseront tes concours. Tu veux intégrer, tu veux être inclusif, tu offres aux pauvres les plus disciplinés l'aubaine de devenir toi. Mais si chacun devient toi, tu ne seras plus distinct - et qui ramassera les poubelles ? Il faut donc que tous réussissent mais pas tous. L'école te sert de trieuse, selon un numerus clausus officieux, une poignée de pauvres méritants.
Méritant d'accéder à ton rang."

Bégaudeau ne fustige pas les bourgeois parce qu'ils bénéficient d'avantages liés à leur milieu de naissance ( Bégaudeau s'estime ouvertement héritier d'un capital symbolique - dans le sens de Bourdieu - lié à sa condition de naissance et, en ce sens, ne se sent pas méritant d'avoir des lettres ), mais parce qu'ils en font totalement abstraction quand il est question de faire le récit de leur parcours de vie. Selon le bourgeois, le bourgeois mérite sa position parce qu'il a travaillé pour ( et toujours très dur, jamais mollement ). Parce que Macron n'a jamais connu de monde dans la finance, qu'il n'a jamais bénéficié d'être né dans un milieu bourgeois, qu'il n'a jamais été fils de médecin, qu'il n'a jamais fréquenté les meilleures écoles d'Amiens, qu'il n'a jamais été un héritier de ce capital symbolique et économique, et que du coup, il peut se permettre de signifier, devant un parterre de Maires, qu'il s'est fait tout seul et qu'on ne lui à fait aucun cadeau [sic]. Du coup, le prolo qui n'y arrive pas, qui galère à trouver un emploi, ou l'enfant de prolo qui galère dans ses études à cause d'un déficit de capital symbolique, n'ont aucune échappatoire : selon son propre discours, selon le discours de Manu, le bourgeois, donc Manu en tête, n'a bénéficié d'aucune aide pour être ce qu'il est. Selon sa propre analyse, "yaka travailler", "yaka mériter", "yaka se donner du mal tout seul", "yaka ne compter que sur soi", "yaka être méritant", "yaka traverser la rue pour trouver un travail". Bref, le pauvre "naka", s'il veut réellement accéder aux mêmes attributs que le bourgeois ! Le souci, c'est que Bégaudeau rejette ce modèle parce qu'il est conscient que, dans son existence, il n'y a pas que le "Yaka" qui l'a fait devenir écrivain et propriétaire de son appartement sur Paris.

Pour ce qui est du sport, tu as pris, à mon sens, un très mauvais exemple. De quels sports parle-t-on ? Du football ? Il me semble que les joueurs de foot sont rarement des fils de bonne famille embourgeoisé. Boxe ( ou sport de combat en tout genre ) ? Basketball ? Rugby ? Le constat est le même. Limite, tu pourras en trouver dans les sports motorisés, dans le tennis, dans le golf, dans le polo ou dans les sauts d'obstacles équestres, soit autant d'activités sportives qui demandent un investissement financier de départ assez conséquent et auxquelles les pauvres n'ont pas accès. Par contre, et en ce qui concerne la gestion financière des infrastructures qui capitalisent ces sportifs méritants, tous sports confondus, on croise assez souvent ce même socio-type qui s'est fait tout seul par la volonté de la sacro-sainte méritocratie.

Enfin, je note que tu prends le terme "mérite", que tu le définis et que tu fais l'impasse sur la façon dont ce terme se déploie dans le réel. Que veux-tu me faire dire ? Que le mérite d'une poignée d'ouvriers qui décident de racheter l'entreprise en faillite dans laquelle ils officiaient et de la transformer en SCOP équivaut à celui d'un financier qui rachète une société déficitaire pour la saucissonner et la revendre en morceau, quitte à licencier tout son personnel à grand coup de "plan social" ( Bégaudeau souligne d'ailleurs l'ineptie et la vacuité de ce terme ) ? Bien entendu, la première posture me paraît moralement plus louable que la seconde. Pourtant, ça n'empêchera pas le patron de se considérer méritant dans un système capitaliste bien huilé. Il a fait "son travail", il a "mérité" les bénéfices engrangés et tout ça à de la "valeur", dans tous les sens du terme.
+ 8 -

TrueDuck Vermisseau

Il y a beaucoup trop de mots dans vos commentaires
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