L'évasion fiscale, délit de riches aux dépens des pauvres

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« On estime que 85 % à 90 % de ces avoirs [fonds privés placés dans les paradis fiscaux] appartiennent à moins de 10 millions de personnes – soit 0,014 % de la population mondiale –, et qu’au moins un tiers de ces avoirs appartiennent aux 100 000 familles les plus riches du monde, dont chacune pèse au moins 30 millions de dollars », écrit l’économiste américaine James S. Henry. C'est donc bien aux plus fortunés que profite la réduction des recettes fiscales par la fraude, ce qui perpétue et aggrave les inégalités.

Envoyé par Palanga le 2 août 2017 à 15h14

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Zgru La voix de son ver

Et il semble beaucoup plus urgent, pour tous les gouvernements, de réduire les dépenses sociales que de faire la chasse aux fraudeurs fiscaux... Vous le sentez le gros machin dans votre fondement?
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Bobbybat Vermisseau

On en parle comme si on découvrait l'ampleur du phénomène...

Imaginez que vous allez au resto avec un riche :
Vous prenez un menu à 30 €, lui à 120 €

Maintenant il se casse en courant.

Non seulement il ne paye pas (ou pas tout).
Mais vous devez payer pour lui.
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_pepe_ En réponse à Bobbybat

Et certains préconisent d'ailleurs qu'on paye d'emblée une partie du prix de son menu, afin de l'inciter à revenir à table... pour prendre un autre repas à l'œil !
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_pepe_

L'idéologie actuellement portée par nos gouvernants stipule que l'argent doit aller prioritairement aux plus riches qui, par un effet de « ruissellement », en font profiter toute l'économie et finalement le reste de la population.

Mais en fait de « ruissellement », il apparaît que plus les riches s'enrichissent, plus ils deviennent imperméables. L'argent qu'ils « gagnent » (ou plus exactement, que les règles du système qu'ils nous imposent les autorisent à capter) leur permet juste de gagner encore plus et de s'enrichir sans produire plus de richesses.

La spéculation prend le pas sur les investissements (surtout sur les moins rentables mais les utiles aux nations), le surcoût injustifié du capital leur assure des placements sans presque plus aucun risque pour eux (on a en quelque sorte réinventé le jeu du « qui perd gagne »), et même l'argent fraîchement sorti de la planche à billets tombe préférentiellement dans leur escarcelle...

Tout cela risque de finir par des révoltes... si le système ne s'effondre pas sur lui-même avant cela.
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Ezellar En réponse à _pepe_ Lombric Shaolin

L'argent ne DOIT pas aller aux plus riches. Les plus riches SAVENT gagner de l'argent.
L'hérésie, c'est de faire croire aux gens qu'on peut devenir riche en étant salarié et en dépensant son argent dans la consommation.
Change les règles et, demain, ils seront toujours riches. Prends leur tout et après-demain ils auront déjà plus d'argent que les autres.
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_pepe_ En réponse à Ezellar

Ici la question portait plutôt sur le partage des richesses, pas sur la façon de devenir riche.


Sinon, l'argent ne va pas simplement aux riches parce qu'ils savent en gagner... ce qui laisserait supposer que n'importe qui pourrait devenir (et rester) riche en découvrant comment faire.

Or, à part quelques rares exceptions qui permettent d'entretenir ce mythe qui sert de carotte au petit peuple, la redistribution des richesses reste dictée par l'appartenance à des castes, et est réglée par la politique imposée par la caste dirigeante. Ainsi, on sait certainement comment « gagner » de l'argent quand on naît dans la bonne caste, mais quand on n'en fait pas partie et qu'on fait fortune, on a toutes les chances de finir à plus ou moins long terme ruiné par ceux qui en sont issus, à moins de parvenir à s'en faire accepter.

L'idée de base est la ségrégation sociale. Un gueux riche reste un gueux, qui doit selon l'ordre des choses rester pauvre et soumis.

Change les règles, et demain cette caste « supérieure » finit pendue au gibet (... éventuellement remplacée par une autre qui fera pareil, qui sait ?).
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Ezellar En réponse à _pepe_ Lombric Shaolin

Jeff Bezos, homme le plus riche du monde. Abandonné par son père à la naissance, d'une mère adolescente qui rencontre un immigré cubain.
Alors Bill Gates, père avocat, mère prof. Pas des milliardaires(ou même millionnaires) non plus.
Steve Jobs enfant abandonné recueilli par des gens de la middle classe US.
Xavier Niel ? Parents riches ?
François Pinault ? Fils d'un paysan devenu marchand de bois.
Patrick Drahi ? Fils de prof.
Besnier ? Collecteurs de lait, 50 salariés il y a 60 ans.
Le fondateur d'OVH ? né à Varsovie et a immigré en France en 1991.
Je connais des gens qui étaient des paysans à leur naissance et qui ont bien géré leur patrimoine foncier pour être multimillionnaire. Pourtant, c'étaient des gueux.. et aussi de personnes qui ont su profiter de l'immobilier en partant de rien (sans même un apport).
Donc, c'est facile de se dire que c'est que des héritiers. Déjà c'est totalement faux et ensuite, y a bien eu un moment où l'héritage s'est construit. Et ce n'est jamais en étant salarié.
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_pepe_ En réponse à Ezellar

J'ai indiqué qu'il y avait des exceptions. En cela l'état de richesse n'est pas très différent de l'état de noblesse (du point de vue social, pas moral), et souvent il le rejoint.

On peut arriver à faire partie des « nouveaux riches », rarement par accident, plus sûrement par l'intérêt qu'on suscite auprès de cette caste. Toute la difficulté est de le rester durablement, et pour cela il faut finir par être accepté (l'équivalent d'un adoubement en quelque sorte).

On peut quoi qu'il en soit le rester tant qu'on sert les intérêts de la caste, du fait de l'utilité de ses activités courante (par exemple dans le contrôle des masses populaires, via les médias notamment) ou du montant disponible de la réserve constituée (avec en contrepartie une mise à forte contribution régulière). Mais alors le risque est gros d'être rapidement renié et « rattrapé » quand on devient gênant ou quand on a fini de servir. Et certains l'ont été de leur vivant, d'autres durant la génération suivante. La peur des conséquences de ce rejet pousse en effet la plupart des nouveaux riches suffisamment informés à prendre des dispositions pour les retarder, en tirant partie des mécanismes procurés par le système. Mais à moins de redevenir utile à la caste, cela empêche rarement l'inéluctable.

Je ne doute pas que tu reconnaîtras dans ces explications le profil de certains (nouveaux) riches que tu as cités, et celui d'autres, activement ruinés ou opportunément rattrapés par les affaires.
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Ezellar Lombric Shaolin

Et le feu, ça brûle et l'eau, ça mouille aussi.
Donc, l'évasion fiscale, ce serait des riches ? Putain, et moi je croyais qu'un mec qui ne paye pas d'impôts allait frauder pour ne pas payer ce qu'il ne doit pas...
Si t'as rien à planquer, évidemment, tu ne vas pas le cacher...
Après, faut voir aussi que les prélèvements obligatoires ont pris 10 points en 55 ans. (Moyenne 24% en 1965, 34% aujourd'hui _en moyenne, mais 45,5% en France...) et il faut se souvenir aussi que la révolution française a pété pour un taux "intolérable" équivalent à 13%...
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Black En réponse à Ezellar Lombric

"avant, avec 2000 francs on avait une bonne petite voiture bien fiable. Maintenant la moindre voiture de F1 coûte des millions d'euros. C'est la preuve que le coût de la vie a explosé !"

Y avait il les même services publiques en 1789 et aujourd'hui ?
- réseau routier ?
- réseau ferré
- hôpitaux (nombre/qualité)
- écoles (nombre/qualité)
- le coût de l'armée (peux de tanks et de rafales a l'époque...)
- assainissements eaux usées
- eau potable courante pour tous
- justice (un peu plus) égalitaire (j'espère)
- etc..

( De plus j'ai un gros doute sur le nombre de 13%
D'où vient il ?)
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Ezellar En réponse à Black Lombric Shaolin

Je n'ai plus la référence que j'aurais dû garder, mais ici : http://www.lefi...-la-revolte.php
on trouve qu'en 1910, on était à 10% de prélèvements obligatoires et je suppose que le 13% sera dans le livre cité.
Après, pour les services publics, c'est une question de point de vue. Personnellement, je trouve que c'est cher payé quand on sait que le remboursement des intérêts de notre dette est le second poste de dépense de l'Etat (en gros, 20% des prélèvements obligatoires, est juste là pour rembourser les conneries de nos dirigeants... je ne vois pas trop le service public là-dedans... et faut pas dire que c'est de "l'investissement" sinon, le % resterait stable voire baisserait car le PIB augmenterait plus vite que la dette)
Enfin, c'est pas le lieu pour épiloguer, mais 45%, c'est juste monstrueux et surtout, ce qui est problématique c'est que cet argent retourne majoritairement dans les poches des plus riches qui sont actionnaires des sociétés qui fabriquent les infrastructures.
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Black En réponse à Ezellar Lombric

Alors là, par contre, pour les intérêts du remboursement de la dette, je ne peux que te donner raison !
C'est de la pure aberration !!
J'irai même plus loin, en disant que ce n'est pas une erreur, mais bel et bien du vol pure et simple, des politiques, de notre poche, directement vers la poche des banques !
Et on imagine que ce cadeau de plusieurs milliards n'a pas dû être gratuit..
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