Nerf laryngé récurrent de la girafe.

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Un des concepts les plus rependus chez les créationnistes est celui du "dessein intelligent " (ou "intelligent design" en anglais) qui prétend que certaines observations de l'univers et du monde du vivant sont mieux expliquées par une cause "intelligente" que par des processus non dirigés tels que la sélection naturelle. Cette "théorie" pseudo-scientifique est mise à mal dans cette vidéo de Richard Dawkins par la dissection du nerf laryngé récurrent d'une girafe. Ce nerf spécifique est responsable de l'innervation des muscles intrinsèques du larynx, dont le muscle vocal responsable de la phonation. On pourrait penser que ce nerf part directement du cerveau vers le larynx mais, paradoxalement, il parcourt toute la longueur du cou jusque dans la cage thoracique pour revenir au larynx, alors même qu'il n'a qu'une seule fonction. Il est à noter que ce phénomène est également observable chez l'être-humain et qu'il est variable en longueur selon la longueur du cou de l'espèce observée : plus le cou est long, plus le nerf laryngé est long et enfoui dans la cage thoracique.

Envoyé par Thiche le 18 août 2017 à 18h43

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john5

Ouais pas besoin de girafe, déjà simplement chez l'homme t'as le coccyx qui ne sert à rien d'autre qu'à se péter quand on tombe de vélo.
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Procrastinateur En réponse à john5 Vermisseau

Ou l'appendice qui sert juste à être inflammé...
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Toktonio En réponse à Procrastinateur Vermisseau

D'apres ce que j'ai lu dans un bouquin récent, l'appendice resterait utile pour héberger une diversité de flore bactérienne a labri des chiasses purgatives.
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Thiche En réponse à john5 Vermisseau

Pas obligatoirement.
Image de Thiche
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Morph Vermisseau

Y'en a d'autres, c'est le cerveau, qui sert surtout à dire/chanter quelque chose que leur rectum sait déjà faire.
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slangster Jeune asticot

Mais d'un point de vue évolutionniste, pourquoi est ce qu'un tel caractère qui ne semble pas optimal a persisté au cours de l'évolution, et est même présent chez plusieurs espèces?
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Thiche En réponse à slangster Vermisseau

La science ne répond pas au "Pourquoi", mais au "Comment". On est donc dans du factuel. Qui plus est, le terme "optimal" que tu utilises est, à mon sens, relatif. En effet, le nerf pharyngé pris en exemple dans la vidéo répond à un impératif de nécessité concrète qui ne le renvoie à aucune autre signification que celle de sa fonction (ici, celui de communiquer pour, notamment, préserver l'espèce). Il tend à disparaître graduellement en s'atrophiant, au gré des accouplements de l'espèce, des adaptations environnementales, des mutations génétiques naturelles et de la place qu'occupe cette espèce dans la chaîne alimentaire et dans son écosystème. Quand il n' y a plus de nécessité à la survie de l'espèce (ce qui me permet de réponde à Weng-Weng par la même occasion), ça disparaît. En d'autres termes, il est présent parce qu'utile, il se modifie en fonction de critères de survie parce qu'adaptés aux changements précités, et disparaissent progressivement par atrophie parce que devenus inutiles. Bien entendu, ce processus prend des centaines de millions d'années pour une même espèce et débouche sur de nouvelles espèces.
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anykeyh En réponse à slangster Jeune asticot

L'une des approximations que beaucoup de gens font sur l'évolutionnisme c'est de dire que la théorie dit que les meilleurs survivent.

En fait c'est pas vrai, les good-enough survivent :)

Ici, meme si ce n'est pas optimal, le "coût" sur la survie de l'espèce est très bas.
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Jampol3 En réponse à anykeyh

Pour préciser Thiche et compéter anykeyh, si la caractéristique devient désavantageuse pour la survie, elle aura tendance à disparaître ou au moins à s'atténuer : en effet, les individus porteurs survivront moins bien, auront donc une plus faible descendance et passeront donc moins leurs gènes, du coup, le trait s'estompe.
À l'inverse, si la caractéristique procure un avantage, les individus porteurs survivent mieux, se reproduisent plus, et passent donc ce trait qui finira par devenir dominant.
Mais, et c'est le cas beaucoup plus souvent qu'on ne croit, si la caractéristique ne procure ni avantage ni désavantage francs, alors, la nature s'en fout, ça part, ça vient, on passe le gène ou pas... C'est pour ça qu'on a des muscles pour orienter nos oreilles mais qu'on ne peut pas s'en servir, que le nerf pharyngé ne prend pas le chemin le plus court, que les baleines ont parfois des os de "jambes"... ça fait rien gagner, mais ça mange pas de pain non plus...
[EDIT] Je voulais répondre à slangster... 'fait pas bon poster direct au réveil...
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Jampol3 En réponse à slangster

Du coup, je fais quand même une réponse directe :p.
Parce que justement, c'est une évolution : ce trait vient d'un ancêtre commun à toutes les espèces que le possèdent : le poisson. Et chez cet ancêtre poisson, le cœur est situé de telle façon que le nerf laryngé (et pas pharyngé) n'y est pas récurrent, c'est à dire qu'il ne remonte pas vers le larynx puis qu'il passe sans encombre et directement du cerveau au larynx, il n'a pas besoin de faire le tour de l'aorte puisqu'elle n'est pas dans le chemin mais juste à côté.
Ensuite l'évolution a suivi son cours. Mais, la nécessité est de produire des organismes viables, sinon, l'espèce s'éteint tout simplement. Du coup, lorsque les ancêtres poissons ont commencé à migrer sur la terre ferme et graduellement devenir tétrapodes, le cou s'est allongé, le cœur et donc l'aorte se sont déplacés et ont emporté le nerf laryngé qui se trouvait du mauvais côté. Comme tout ça est progressif et qu'il est nécessaire que les individus soient viables pour continuer, le cable management est impossible : si le nerf est là, il est là, on peut pas tout recâbler comme ça et voir si ça tient, on fait avec et on tire dessus pour que ça passe.

Et c'est en ce sens là qu'on comprend bien que l'intervention divine ou l'intelligent design sont des arguments qui tombent à l'eau. Si on peut retracer l'origine de ce trait et voir son évolution jusqu'au résultat absurde qu'il produit dans les girafes aujourd'hui : c'est bien d'une part parce que personne n'est intervenu pour rectifier le tir et d'autre part parce que rien ni personne n'avait anticipé la sortie de l'eau des poissons et l'enchaînement de conséquences qui va avec. On est bien en présence d'un processus non pensé et non guidé.
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Guaruda En réponse à slangster Asticot

Pour rajouter ma pierre à l'édifice il ne faut pas oublier qu'effectivement une mutation peut être présente sans apporter d'avantage et de désavantage ET se retrouver dans l'intégralité de la population simplement par le fait qu'une population isolé géographiquement à mieux survécu à une autre du simple fait de son isolation pendant par exemple une période de disette, une catastrophe climatique, bref un truc qui n'a absolument rien à voir avec l'espèce concerné mais qui fini par l’affecté, cette population étant devenu majoritaire dans le pool génétique de l'espèce il est ensuite normale que son génome s'y retrouve partout.

Encore un amalgame que l'on fait (et que les créationnistes et autre simplets utilisent outrageusement) c'est que la théorie de l'évolution est un fait et qu'elle existe, cependant les mécanismes liés à cette théorie ne sont pas clairement connus ou identifiés, la sélection naturelle est un des mécanismes mais il y en a assurément d'autres, que l'on ne découvrira peut être jamais du simple fait que ce genre de phénomènes s'applique sur des échelles (temporelle, spatiale, etc.) qui sont pour le moment inconcevable avec notre manière de penser.
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Weng-Weng Lombrico de la Cruz

La girafe étant muette, était-ce vraiment utile d'avoir un tel nerf?
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Thiche Vermisseau

...
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Clansman irkblmo

j'y crois pas au girafe c'est un coup monté..
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